Elle tourne autour de la maison de Paul, et regarde par la fenêtre. Elle a vu aujourd’hui, sur sa table, un pain entamé, un reste de fromage et un litre vide ; ce qui prouve qu’il ne prend point tous ses repas à l’auberge, comme il l’avait dit, et qu’il est embarrassé.
Le Paul, qu’elle agace, ferme les volets quand il va à son travail.
Elle se réjouit d’abord de ne plus avoir à faire de cuisine, même pour Philippe qui mangera souvent ce qu’il aime le mieux, du pain avec un cornichon à la croque-au-sel.
— Ragotte et le Paul, dit Philippe, se sont tiré les oreilles, mais ils ne peuvent pas se passer l’un de l’autre. Ils se cherchent déjà.
— Pense qu’il fait sa soupe lui-même ! dit Ragotte.
— Ne faut-il pas qu’il apprenne ? répond Philippe.
— Oh ! toi, tu es dur, mais une mère ! Je me rappelle, madame, que, la veille de faire le Paul, j’allais encore laver à la rivière ! Quel ingrat ! On voit des enfants si bien élevés.
— Il fallait, dit Philippe, élever ton Paul comme ceux de madame !
— On n’est pas tout seul pour donner des conseils, réplique Ragotte.
Philippe se tait.