Ainsi, au théâtre, le rideau est levé. Un monsieur arrive en retard. Il dérangera sans vergogne quinze, vingt assistants, vous rudoiera les genoux pour gagner sa place. Si vous vous permettez la plus petite observation, il vous répondra qu'il a payé sa place et qu'il a le droit d'arriver à son heure.

Autre exemple:

Le spectacle tire à sa fin. Il y a encore deux ou trois scènes à jouer. Cependant vingt, quarante, cent personnes se lèvent à la fois, font un vacarme d'enfer, et empêchent les autres spectateurs d'entendre le dénouement. Ces messieurs le connaissent, et ils vous brûlent la politesse. A leurs yeux, le fait d'avoir payé en entrant implique tout, répond à tout.

Ainsi le veut la liberté... républicaine!

Que d'autres griefs il y aurait encore à porter au compte de ces fâcheux mal-appris!

Les uns mâchonnent un cure-dent pendant toute la représentation, sans pitié pour vos nerfs; les autres battent la mesure à faux, au détriment de vos oreilles. Ceux-ci fredonnent à satiété l'air du chanteur; ceux-là se mouchent à grand bruit, tandis que l'amoureuse et l'amoureux s'évertuent à moduler leurs plaintes ou leurs tendres déclarations, etc, etc. Elle serait longue la liste des et cætera.

Vraiment, c'est à vous faire prendre le théâtre en aversion.


[FUMEURS ET PRISEURS]

Les parents ne sauraient apporter trop de soins, trop de vigilance à empêcher leurs enfants de priser ou de fumer. Ceux-ci le font d'abord par amusement, puis ils s'y accoutument, et il leur devient fort difficile par la suite, pour ne pas dire impossible, de se défaire de cette funeste habitude.