Cette ennuyeuse Allemagne, vous le savez, mon père, je l'aimais; et le souvenir m'en est doux.

le marquis.

Grand merci!

hélène.

C'est là que je suis née, que j'ai grandi; c'est là que repose ma sainte mère. Cette terre, que vous appeliez la terre de l'exil, était pour moi une patrie; et quand il a fallu lui dire adieu, dois-je vous l'avouer? j'ai pleuré.

le marquis.

Bien obligé!... Tu en parles trop à ton aise. Va, mon enfant, ce fut un triste jour, celui où je me vis forcé de quitter le toit de mes pères, et la France, devenue la proie d'une poignée de factieux. Si je n'eusse consulté que les instincts militaires de ma race, par la sambleu! je serais resté; mais la monarchie aux abois avait besoin de mon dévouement, je n'hésitai pas, je partis...[4] (Allant à la fenêtre à droite.)—Et la baronne qui n'arrive pas!—Oh! c'est elle qui s'amusait en Allemagne... Il faut l'entendre parler de Nuremberg.

hélène.

Madame de Vaubert m'a répété souvent que votre petite colonie était pleine d'entrain et de gaieté.

le marquis.