Par pitié!...
bernard.
Si je vous disais que c'est vous que j'aime, un tel aveu dans ma bouche ne vous offenserait donc pas?
hélène.
Monsieur Bernard!
bernard.
Eh bien! oui, je vous le dis, c'est vous que j'aime. Dès que je vous ai vue, j'ai senti que ma vie ne m'appartenait plus. Je détestais la noblesse, le son de votre voix a suffi pour dompter ma haine; j'avais le cœur plein de tempêtes, un seul de vos regards a suffi pour l'apaiser. Vainement j'ai voulu résister au charme qui m'envahissait, je ne pouvais m'arracher au bonheur de vous voir, de vous entendre, de m'enivrer à toute heure de votre présence. Mais maintenant que vous savez ce qu'au prix de ma vie je n'aurais jamais osé vous dire, vous comprenez, n'est-ce pas? que si je veux vous quitter, vous fuir, c'est que vous-même à l'instant allez m'en donner l'ordre; c'est que je ne puis être aimé, c'est qu'enfin tout me défend de rester auprès de vous.....
hélène, très-émue.
Et si je vous dis que mon cœur me le permet?
bernard.