la baronne.
C'est un livre d'un style assez sec, très-goûté lorsqu'il consacre nos droits, mais peu estimé quand il contrarie nos prétentions. Je doute, par exemple, que vous en aimiez beaucoup le chapitre des donations entre-vifs. Lisez-le, cependant, je le recommande à vos méditations.
le marquis.
Ah! ça, madame la baronne, me ferez-vous l'amitié de m'apprendre ce que tout cela signifie?
la baronne.
Monsieur le marquis, cela signifie que Thomas Stamply, du vivant de son fils, n'aurait pu disposer en votre faveur que de la moitié de ses biens, et que n'ayant disposé de tout que dans l'hypothèse que son fils était mort, ces dispositions se trouvent anéanties; cela signifie que vous n'êtes plus chez vous, que Bernard va vous faire assigner en restitution de titres, et qu'au premier jour, armé d'un jugement en bonne forme, ce garçon à qui vous parlez de faire un sort, vous sommera de déguerpir, et vous mettra poliment à la porte. Comprenez-vous maintenant?
le marquis, passant devant la baronne.[18]
Ta, ta, ta!... Je ne me soucie pas mal de votre Code et de vos donations entre-vifs. Que parlez-vous d'ailleurs de donation? On me restitue ce qu'on m'a dérobé, et cela s'appelle une donation! Le mot est joli. Une donation! Un La Seiglière acceptant une donation! Madame la baronne, les La Seiglière n'ont jamais rien accepté que de la main de Dieu.
la baronne, à part.
Vieil enfant!