Il y a un indiscipliné, dans un coin, qui hausse les épaules et crie:

«Toute votre Révolution, vos longs cheveux, Robespierre, Saint-Just, tout ça c'est de la blague! Vous êtes les calotins de la démocratie! Qu'est-ce que ça me fout que ce soit Ledru ou Falloux qui vous tonsure?… À la vôtre tout de même, les séminaristes rouges!»

Comme ces mots m'entrent dans le coeur! C'est qu'il m'arrive souvent, le soir quand je suis seul, de me demander aussi si je n'ai pas quitté une cuistrerie pour une autre, et si après les classiques de l'Université, il n'y a pas les classiques de la Révolution—avec des proviseurs rouges, et un bachot jacobin!

Par moments, j'ai peur de n'être qu'un égoïste, comme le vieil ouvrier m'appela quand je lui parlai d'être apprenti. Je voudrais dans les discours des républicains trouver des phrases qui correspondissent à mes colères.

Ils ne parlent pas des collèges noirs et cruels, ils ne parlent pas de la loi qui fait du père le bourreau de l'enfant, ils ne parlent pas de ceux que la misère rend voleurs! J'en ai tant vu dans la prison de chez nous qui allaient partir pour le bagne et qui me paraissaient plus honnêtes gens que le préfet, le maire et les autorités.

Égoïste! Oh! non! Je serais prêt—je le jure bien—à souffrir et à mourir pour empêcher que d'autres ne souffrent et meurent des supplices qui m'ont fait mal, que je n'ai plus à craindre, mais que je voudrais voir crever devant moi…

Matoussaint ne parle que de commissaires à écharpe tricolore ou de tribuns à cocarde rouge, qui prendront la place des rois et des traîtres… Je m'en moque, de ça!

Quand donc brûlera-t-on le Code et les collèges!

Ils ne m'écoutent pas, me blaguent et m'accusent d'insulter les saints de la République!

Ce sont des scènes!—Il y en a eu de terribles à propos de
Béranger!