Je file chez Rock, qu'on ne voit que par hasard chez Petray, parce qu'il reste trop loin.
Il ne demeure plus où il demeurait, lui non plus.
Tout le monde a délogé. On était connu comme républicain par le concierge et les voisins; ils savent qu'on a été absent pendant les événements de Décembre. Il y a à craindre les dénonciations et les poursuites, et l'on a porté ailleurs ses hardes, sa malle et sa douleur.
J'aborde Rock plus difficilement encore que je n'avais abordé Renoul. C'est lui-même, qui à la fin, après avoir regardé par le trou de la serrure, vient m'ouvrir en chemise.
Il me paraît bien changé.
Il est un peu moins abattu que les autres, cependant. Il trouve à la défaite une consolation.
Il a le goût du complot, l'amour du comité dans l'ombre. Est-ce croyance ou manie? Il est vraiment maniaque et il tourne la tête de tous les côtés avant de parler. Même il regarde sous le lit et fait toc toc à tous les placards. Il sait que, s'il y avait quelqu'un dedans, le son serait plus sourd.
Rock s'ouvre à moi—autant qu'il peut—il ne peut pas énormément.—Plus tard, il me dira tout, dès qu'il aura reçu du «centurion» le droit de me communiquer le mot d'ordre.
Comme il répondra de moi, ça ne sera pas long.
«Tu feras bien de ne pas rester longtemps, par exemple. On doit savoir ton retour, à la préfecture de police!»