«_Faites le coup! _nous verrons après», répondent quelques-uns.
D'autres s'indignent et s'épouvantent.
«Ne les écoutez pas!… Vous inspirerez l'horreur simplement et cela ne mènera à rien, à rien—me dit avec sympathie et effroi un vieillard qui a déjà fait ses preuves, et au courage duquel je dois croire. Chassez cette idée, mon ami! Réfléchissez pendant dix ans! IL Y SERA encore dans dix ans, allez!…»
Et comme je murmurais: «C'est pour qu'IL n'y soit plus!
—Vous n'avez pas, en tout cas, le droit, dit-il en dernier argument, parce que vous joueriez votre vie comme un fou, de jouer la vie de ceux que votre action fera, le soir même, emprisonner et déporter en masse! Vous n'avez pas ce droit là!…»
Il ne faudrait écouter personne.
Le courage me manque.
J'offre d'avancer le premier, de donner le signal. Je l'offre! Je commanderai le feu en tête du groupe; mais voilà tout… Et encore, je demande que l'insurrection soit prête derrière… moi; que ce soit le commencement d'un combat!…
Je tiendrais Bonaparte sous ma main que je ne lèverais pas le bras, que je n'abaisserais pas l'arme si j'étais seul à avoir décrété la mort!…
J'ai voulu avoir l'opinion et l'appui de ceux qui font autorité, avant de confier aux intimes l'idée qui avait traversé mon esprit et me brûlait le coeur.