Allons, Vingtras, en route pour la vie de pauvreté et de travail!
Tu ne peux charger ton fusil! Prépare un beau livre!
18 Le garni
Je donne congé à la mère Honoré. Il faut chercher une chambre qui soit au niveau de mes ressources. Il s'agirait de trouver quelque chose dans les cinq francs par quinzaine.
Je cours beaucoup. Je ne puis mettre la main sur ce que je désire. Dans ce cours-là, il n'y a que les garnis de maçons—du côté de la place Maubert.
Comme j'ai une redingote, quand j'entre dans les maisons, on croit que je vais acheter l'immeuble, et l'on est prêt à me faire un mauvais parti.—Je ferais blanchir, tapisser, coller du papier… Où irait donc se loger le pauvre monde?…
On me regarde de travers. Mais quand je dis ce que je veux—à savoir: un cabinet, qui me revienne à six sous par jour comme aux maçons—on me toise avec défiance et l'on me renvoie lestement. Si l'on m'accueille, il faudrait coucher à deux avec un limousin.
J'en fais de ces garnis, j'en monte de ces escaliers!…
Je me trompe quelquefois du tout au tout.
Rue de la Parcheminerie, je croyais avoir découvert ce qu'il me faut, quand la propriétaire m'a posé une question qui équivalait à celle-ci: «Est-ce que vous vivez des produits de la prostitution?»
Sur ma réponse négative: