«Mais, mon cher garçon, me dit M. Firmin,—qui est de retour et que je suis allé revoir pour mettre de nouveau mon avenir entre ses mains—mon cher garçon, vous ne trouverez jamais une place de professeur dans une pension de Paris avec votre diplôme de bachelier!… C'est trop pour les pensions où il faut faire la petite classe; c'est trop peu pour les grandes institutions. Dans les grandes institutions, vous pourrez être pion, pas professeur…

«Croyez-moi, il vaut mieux, si vous voulez entrer dans cette voie-là, faire comme Fidèle vous a dit, retourner près de votre papa, commencer dans son lycée… Vous secouez la tête, vous avez l'air de dire: «Jamais!»

En effet, je secoue la tête et je dis: «Jamais!»

Je veux bien donner mes journées, me louer comme un cheval, mais je ne veux pas rentrer dans la peau d'un maître d'études. J'ai trop vu souffrir mon père. Je ne veux pas être enchaîné à cette galère. Coucher au dortoir, subir le proviseur, martyriser à mon tour les élèves, pour qu'ils ne me martyrisent pas! Non.

Je remercie M. Firmin; je le quitte d'ailleurs avec l'idée qu'il se trompe ou me trompe.

Je frapperai à d'autres portes… J'irai chez Bellaguet, Massin,
Jauffret, chez Barbet ou chez Favart, et je leur dirai:

«Je n'ai besoin que de gagner 30 francs par mois; je vous donnerai trois heures, deux heures par jour pour 30 francs—je sais bien le latin, vous verrez!—essayez-moi, faites-moi faire un thème, un discours, des vers…»

J'ai commencé par Bellaguet.

Il tient une grande boîte, rue de la Pépinière, et mène les élèves à Bonaparte. Je me recommande de mon titre d'ancien «Bonaparte».

—VOUS ÊTES TROP JEUNE.