«Mettez, monsieur, que je n'ai rien dit. Je refuse de prendre la place de cet homme… S'il s'en va, voici mon adresse, écrivez-moi; mais je ne veux pas lui voler son pain.»
Le chef de pension râpé semble surpris et blessé de ma décision et de ma phrase; je ne trouverai plus de place chez lui, il ne m'écrira jamais, certainement.
N'importe!
Je songe à cela le soir, dans le silence de ma chambre.
On est lâche.
Je regrette presque ce que j'ai fait. J'avais l'occasion de m'exercer, je cueillais un certificat, il me restait du temps, je pouvais m'acheter des habits et des livres… J'ai posé pour le généreux, j'ai fait le crâne; jamais je ne retrouverai cette occasion-là!
Partout, de tout côté, c'est la même réponse.
«Pas normalien, pas licencié! Pour un maître d'études, nous ne disons pas… Quoique nous soyons au complet, et qu'il y ait dix candidats pour une place. On pourrait voir, cependant… puisque votre père est professeur, et que vous paraissez aimer la carrière de l'enseignement!…»
Je parais l'aimer?—Je la hais!
Vous invoquez la position de mon père?—J'en rougis!