Pistolets et cartouches me sont en effet comptés à l'heure dite.
Allons, le sort en est jeté!
Au dernier moment j'avertis encore un ancien copain de Nantes, Collinet, maintenant étudiant en médecine, dont le père est millionnaire. Il se charge de porter la moitié des armes. Bravo!
On ne soupçonnera jamais ce fils de riche de jouer sa liberté et sa peau dans une entreprise de révoltés!
Il le fait carrément, par amitié pour moi et aussi par entrain républicain.—Il glisse les pistolets et les munitions dans les poches de sa redingote et de son pardessus, va en avant, et prend place, d'un air dégagé, à une table du café où les émissaires arriveront, le coup fait.
Le coup consiste à tirer sur l'empereur qui doit aller ce soir à l'Opéra-Comique. On l'attendra à la porte! Feu. Vive la République!
À moi, Vingtras, de soulever la rive gauche!
On m'a promis que des sections d'ouvriers accourront à ma voix.
Est-ce bien sûr? Je ne crois guère à ces sections-là, Rock non plus; je pense bien! Mais c'est bon pour rassurer les autres, sinon moi. Qu'il y ait des sections ou non, je réponds que si on tire des coups de pistolet, là-bas, on fera parler la poudre, ici.
Il est sept heures.—Ils sont partis!