—Vous n'avez pas de fortune?» Il y a trop de pitié dans son accent pour que je lui dise la vérité. J'aurais peur de paraître m'être ouvert à lui pour aboutir à une lâcheté de pauvre.

«Pas de fortune, non, mais j'ai quelques ressources, de quoi vivre.

—À la bonne heure! sans cela quelle vie, mon ami!» et il lève les bras au ciel en hochant sa tête honnête et blanche.

S'il savait ce que j'ai déjà enduré! S'il voyait le fond de ma bourse!

«Eh bien, mais… dit-il en revenant à ma confession. Vous ne savez faire que ce que vous pensez! Ce serait beaucoup, savez-vous! Tenez, moi je vous donne carte blanche. Vous pouvez prendre le sujet qu'il vous plaira et vous le traiterez comme vous voudrez. Faites ce que vous pensez! Je voulais vous offrir deux sous la ligne, vous en aurez trois.»

Trois sous la ligne, cent lignes quinze francs! Cet homme à donc des millions à dépenser! Il a Rothschild derrière lui?

Ce ne sera pas en pet-en-l'air, ni en escarpins, ni en pommade, ni en salaison que ma copie sera payée. Je toucherais de l'argent.

«Quel sujet? voyons! me demande M. Mariani.

—Je ne sais trop…

—Avez-vous étudié telle ou telle question?