On m'a offert moitié—en me congédiant. J'ai pris moitié et suis parti, non sans grommeler—ce qui a irrité les patrons. Ils vont disant partout que je suis un mauvais coucheur.
«C'est dommage: un garçon qui possède si bien ses classiques!»
POÈTE SATIRIQUE
«Vous êtes poète, n'est-ce pas?»
C'est madame Gaux, la libraire, qui me demande cela un matin.
Je suis plutôt barde. Je chante la patrie, je chante ce que chantent les bardes ordinairement—on n'a qu'à voir dans le dictionnaire. Va pour poète tout de même! et je réponds à madame Gaux de façon à lui persuader que je sais manier la lyre—pincer les cordes d'un luth.
«Eh bien, je vous ai trouvé de l'ouvrage!»
Je prends bien vite une attitude d'inspiré.
«Voici, dit-elle.—Il y a un monsieur qui en veut à un huissier de chez lui, et qui désire se venger de cet huissier par une chanson. Savez-vous faire ça?»
C'est de l'Archiloque[16] qu'on me demande. Il faut saisir le fouet de la satire!…