«Monsieur, je suis jeune…»
J'ai dit cela très haut, comme si je faisais un aveu qui me coûtât; comme si d'autre part, j'en avais pris mon parti carrément.
«Je suis jeune…»
M. Bonardel a l'air de n'en être ni triste ni heureux. Ça ne lui fait rien à M. Bonardel!
Je laisse mon âge de côté et je reprends d'une traite: «Monsieur, j'ai compté, que sur la recommandation de M. Civanne, mon ancien professeur, vous voudriez bien vous intéresser à moi et m'aider à obtenir une situation, qu'il m'est difficile de trouver sans connaissance et sans appui.»
M. Bonardel me fait signe de m'arrêter—et d'une voix lente:
«Que savez-vous faire?»
CE-QUE-JE-SAIS-FAIRE?
Il me demande cela sans me prévenir, à brûle-pourpoint!…