Il est mort dans les bras d'une étrangère, celle qu'il avait emmenée avec lui. Elle est restée, me dit la lettre, jusqu'au dernier moment à ses côtés; mais, dès qu'on a pu redouter un malheur, prise de remords ou ayant peur du cadavre, elle a fait prévenir du danger celle dont elle avait, par amour, volé la place. Ma mère a pu arriver à temps pour ensevelir celui que depuis longtemps elle pleurait vivant.
Il faut que je parte moi-même, sur-le-champ, dans une heure, si je veux arriver avant qu'on l'enterre.
Au chemin de fer, en débarquant, j'ai croisé une femme qui, sans être en deuil, avait un crêpe noir. On la montrait du doigt. J'ai deviné qui elle était!
C'est moi qui me prends à la plaindre quand les autres l'accusent. —L'accuser? Et pourquoi? Après tout, mon père lui doit, peut-être, des heures de bonheur—elle l'avait compris. Mais sa vie, à elle, est perdue!
La cloche sonne… le train part.
Où va-t-elle?…
Me voici dans la maison en deuil, sur une chaise, près du lit où repose le cadavre.
Ma mère est dans la chambre voisine, blanche comme de la cire.
…………………
J'ai fermé la porte, j'ai voulu être seul.