6 La politique
J'aime ceux qui souffrent, cela est le fond de ma nature, je le sens—et malgré ma brutalité et ma paresse, je me souviens, je pense, et ma tête travaille. Je lis les livres de misère.
Ce qui a pris possession du grand coin de mon coeur, c'est la foi politique, le feu républicain.
Nous sommes un noyau d'avancés. Nous ne nous entendons pas sur tout, mais nous sommes tous pour la Révolution.
«93, CE POINT CULMINANT DE L'HISTOIRE; LA CONVENTION, CETTE ILIADE, NOS PÈRES, CES GÉANTS!»
Quand je dis que nous sommes d'accord, nous avons failli nous battre plus d'une fois: j'ai, un jour, appelé Robespierre un pion et Jean-Jacques un «pisse-froid».
«Pisse-froid» a failli me brouiller avec toute la bande.
On me passait la pionnerie de Robespierre, quitte à y revenir et à discuter ça plus tard, mais «pisse-froid» appliqué à Rousseau était trop fort.
Que voulais-je dire par là? Quand on lance des mots pareils, il faut les expliquer… Que signifiait «pisse-froid»?
Eh! mon Dieu, je ne suis pas médecin, mais j'ai entendu toujours appeler pisse-froid, même par ma mère, les gens qui n'étaient pas francs du collier—qui avaient l'air sournois, en dessous!