—Alors, riposte-t-il d'une voix sourde et avec un rire de pitié, Zoïle n'a pas encore été content de lui à sa dernière leçon?…»

Content? mais il ne comprend rien, ce Matoussaint, et s'il n'y avait pas l'esprit de corps, l'esprit de discipline, ce serait à lui flanquer des gifles! Content!—Eh si! je suis content! Je sais bien que Michelet est des nôtres et qu'il faut le défendre.

L'avant-dernier jeudi, est-ce que je n'ai pas à moitié assommé un réac qui disait juste comme moi—à cette différence près que, lui, il était enchanté que le cours eût été ennuyeux; moi, j'en étais triste, parce que j'aurais préféré que ce fût moins élevé, plus terre à terre.—Oui, Matoussaint—plus terre à terre. Je me figure qu'il y en a beaucoup qui sont aussi terre à terre que moi dans cette foule…

Je parie que les trois quarts de ceux qui applaudissent ne comprennent pas.

On attend toujours pour applaudir.

Quand ce n'est pas tout indiqué par l'intonation ou le geste du maître, deux grands garçons—un qui a de longs cheveux, un autre qui n'en a pas—donnent le signal; pas seulement pour l'applaudissement mais pour le rire aussi; pas seulement pour le rire mais pour le_ ricanement._

J'ai ricané à faux, deux ou trois fois, croyant bien faire, ce qui a produit un très mauvais effet: les voisins qui avaient ricané d'après moi, _de confiance, _croyant que j'obéissais au signal du Chauve ou des Longs cheveux m'en veulent beaucoup et me le montrent.

Aussi j'attends maintenant que le ricanement soit absolument adopté; que le rire soit indiscutable; que le bravo soit bien le bravo qu'il faut, avant de faire n'importe quoi qui indique l'enthousiasme, ou la joie, ou l'amertume. Je ne pars jamais avant les autres.

Je pars après quelquefois!

Je viens trop tard, et ma manifestation attardée, solitaire, me compromet encore. Toute la salle se tourne vers ce monsieur qui semble se moquer du monde.