Jacques ira passer ses vacances au pays.

C'est ma mère qui m'annonce cette nouvelle.

«Tu vois, on te pardonne tes farces de cette année, nous t'envoyons chez ton oncle; tu monteras à cheval, tu pêcheras des truites, tu mangeras du saucisson de campagne. Voilà trois francs pour tes frais de voyage.»

La vérité est que mon oncle le curé, qui va sur soixante-dix, a parlé de me faire son héritier, et il demande à m'avoir près de lui pendant les vacances.

Le vieux prêtre, qui économise, a pour notaire un bonhomme qui en a touché deux mots à mon père dans une lettre qu'on a oubliée sur la table et que j'ai lue. Je suis au courant. On me laisserait une somme de… payable à ma majorité: c'est l'idée du testament.

J'ai mon paletot sur le bras, une casquette sans visière et une gourde.

«Il a l'air d'un Anglais.»

Ce mot me remplit d'orgueil.

Mon père (il me gâte!) m'emmène au café pour lamper le coup de l'étrier.

«Allons, bois cela, ça te fera du bien.»