JE N'EN AI PAS!
On nous a donné l'autre jour comme sujet—«Thémistocle haranguant les Grecs». Je n'ai rien trouvé, rien, rien!
«J'espère que voilà un beau sujet, hé!» a dit le professeur en se passant la langue sur les lèvres,—une langue jaune, des lèvres crottées.
C'est un beau sujet certainement, et, bien sûr, dans les petits collèges, on n'en donne pas de comme ça; il n'y a que dans les collèges royaux, et quand on a des élèves comme moi.
Qu'est-ce que je vais donc bien dire?
«Mettez-vous à la place de Thémistocle.»
Ils me disent toujours qu'il faut se mettre à la place de celui-ci, de celui-là,—avec le nez coupé comme Zopyre? avec le poignet rôti comme Scévola?
C'est toujours des généraux, des rois, des reines!
Mais j'ai quatorze ans, je ne sais pas ce qu'il faut faire dire à
Annibal, à Caracalla, ni à Torquatus, non plus!
Non, je ne le sais pas!