_Oh! baban, ba bère! _pour dire: «Maman, ma mère.»
En classe, quand je récite le premier chant de l'Iliade, je dis: Benin, aeïde!—atchiou! theia Beleiadeo,—atchiou!
Je traîne dans le ridicule le vieil _Hobère! _Atchoum! Atchoum!
Zim, mala ya, boum, boum!
Quelquefois le rhume ne vient pas, et je parle simplement comme un trombone qui a un trou,—où j'ai le nez. Je représente bien l'homme tel qu'un philosophe l'a dépeint, un tube percé par les deux bouts.
Rien de meilleur pour une tête d'enfant, dit le proviseur parlant de l'exercice de purification nasale dont ma mère lui a parlé. Rien de meilleur pour en faire une pâte, oui.
Je suis malgré ou balgré tout,—avec ou sans atchiou, atchoum, —d'une force énorbe en récitation. Ma mémoire prend ça comme mon nez prend l'eau, et je renifle des chants entiers de l'_Iliade _et des choeurs d'Eschyle, du Virgile et du Bossuet,— mais ça part comme c'est venu. J'oublie le Bossuet comme on oublie l'aloès bienfaisant.
LES MATHÉMATIQUES
«Il a une imagination de feu, cet enfant.»
C'est acquis. Je suis un petit volcan (dont la bouche sent souvent le chou: on en mange tant à la maison!).
«Une imagination de feu, je vous dis! ah! ce n'est pas lui qui sera fort en mathématiques!»