Il fallait rentrer.
Puis, tandis que je regardais l'enseigne, que ma curiosité saisissait le cotillon de la bonne femme, le grand faux-col du paysan, la giberne du soldat, le rabat du curé, la queue du singe, autour de moi on attelait les chevaux, on lavait les voitures; les palefreniers, le postillon et le conducteur faisaient leur métier, donnaient de la brosse, du fouet ou de la trompe.
Les voyageurs venaient prendre leurs places, retenir un coin.
J'étais là quelquefois à l'arrivée: la diligence traversait le Breuil avec un bruit d'enfer, en soulevant des flots de poussière ou en envoyant des étoiles de boue.
Elle était assaillie par un troupeau de portefaix qui se disputaient les bagages, et vomissait de ses flancs jaunes des gens engourdis qui s'étiraient les jambes sur le pavé.
Ils tombaient dans les bras d'un parent, d'un ami, on se serrait la main, on s'embrassait; c'étaient des adieux, des au revoir, à n'en plus finir.
On avait fait connaissance en route; les messieurs saluaient avec regret des dames, qui répondaient avec réserve:
«Où aurai-je le plaisir de vous retrouver?
—Nous nous rencontrerons peut-être. Ah! voici maman.
—Voici mon mari.