Ils sont heureux dans cette famille!—c'est cordial, bavard, bon enfant: tout ça travaille, mais en jacassant; tout ça se dispute, mais en s'aimant.

On les appelle les Fabre.

L'autre famille du rez-de-chaussée, les Vincent, sont épiciers.

Madame Vincent est une rieuse. Je les trouve tous gais, les gens que je vois et que ma mère méprise parce qu'ils sont paysans, savetiers ou peseurs de sucre.

Madame Vincent n'est pas avec son mari. On ne l'a vu qu'une fois, vêtu en Arabe, avec un burnous blanc, mais il n'est resté que deux heures, et est reparti.

Il paraît qu'ils sont séparés—judiciairement, je ne sais pas ce que c'est—et il vit en Afrique, en Algère, dit Fabre.

Il était venu pour chercher un de ses fils. Madame Vincent, qui rit toujours, ne riait pas ce jour-là! Il s'en fallait de tout; on l'entendait qui disait: «Non; non», d'une voix dure, à travers la porte—et le petit Vincent qui pleurait:

«Je veux rester avec maman!

—Je te donnerai un cheval, avec un pistolet comme celui là.»

Un pistolet! un cheval!