Vers cinq heures quarante-cinq minutes du soir, Nicholl, armé de sa lunette, signala vers le bord méridional de la Lune et dans la direction suivie par le projectile quelques points éclatants qui se découpaient sur le sombre écran du ciel. On eût dit une succession de pitons aigus, se profilant comme une ligne tremblée. Ils s'éclairaient assez vivement. Tel apparaît le linéament terminal de la Lune, lorsqu'elle se présente dans l'un de ses octants.
On ne pouvait s'y tromper. Il ne s'agissait plus d'un simple météore, dont cette arête lumineuse n'avait ni la couleur ni la mobilité. Pas davantage, d'un volcan en éruption. Aussi Barbicane n'hésita-t-il pas à se prononcer.
«Le Soleil! s'écria-t-il.
—Quoi! le Soleil! répondirent Nicholl et Michel Ardan.
—Oui, mes amis, c'est l'astre radieux lui-même qui éclaire le sommet de ces montagnes situées sur le bord méridional de la Lune. Nous approchons évidemment du pôle sud!
—Après avoir passé par le pôle nord, répondit Michel. Nous avons donc fait le tour de notre satellite!
—Oui, mon brave Michel.
—Alors, plus d'hyperboles, plus de paraboles, plus de courbes ouvertes à craindre!
—Non, mais une courbe fermée.
—Qui s'appelle?