Ils sautèrent sur le quai.
«Le télégraphe!» demandèrent-ils sans répondre aucunement aux mille questions qui leur étaient adressées.
L'officier de port les conduisit lui-même au bureau télégraphique, au milieu d'un immense concours de curieux.
Blomsberry et Bronsfield entrèrent dans le bureau, tandis que la foule s'écrasait à la porte.
Quelques minutes plus tard, une dépêche, en quadruple expédition, était lancée: 1° au secrétaire de la Marine, Washington; 2° au vice-président du Gun-Club, Baltimore; 3° à l'honorable J.-T. Maston, Long's Peak, montagnes Rocheuses; 4° au sous-directeur de l'Observatoire de Cambridge, Massachusetts.
Elle était conçue en ces termes:
«Par 20 degrés 7 minutes de latitude nord et 41 degrés 37 minutes de longitude ouest, ce 12 décembre, à une heure dix-sept minutes du matin, projectile de la Columbiad tombé dans le Pacifique. Envoyez instructions Blomsberry, commandant Susquehanna .»
Cinq minutes après, toute la ville de San Francisco connaissait la nouvelle. Avant six heures du soir, les divers États de l'Union apprenaient la suprême catastrophe. Après minuit, par le câble, l'Europe entière savait le résultat de la grande tentative américaine.
On renoncera à peindre l'effet produit dans le monde entier par ce dénouement inattendu.
Au reçu de la dépêche, le secrétaire de la Marine télégraphia à la Susquehanna l'ordre d'attendre dans la baie de San Francisco, sans éteindre ses feux. Jour et nuit, elle devait être prête à prendre la mer.