—Tiens, fit Michel Ardan de son ton narquois, les mathématiques n'ont donc pas dit leur dernier mot?
—Certainement non, répondit Barbicane.
—Bon! Peut-être les Sélénites ont-ils poussé plus loin que vous le calcul intégral! Et à propos, qu'est-ce que ce calcul intégral?
—C'est un calcul qui est l'inverse du calcul différentiel, répondit sérieusement Barbicane.
—Bien obligé.
—Autrement dit, c'est un calcul par lequel on cherche les quantités finies dont on connaît la différentielle.
—Au moins, voilà qui est clair, répondit Michel d'un air on ne peut plus satisfait.
—Et maintenant, reprit Barbicane, un bout de papier, un bout de crayon, et avant une demi-heure je veux avoir trouvé la formule demandée.»
Barbicane, cela dit, s'absorba dans son travail, tandis que Nicholl observait l'espace, laissant à son compagnon le soin du déjeuner.
Une demi-heure ne s'était pas écoulée que Barbicane, relevant la tête, montrait à Michel Ardan une page couverte de signes algébriques, au milieu desquels se détachait cette formule générale: