«Oui, il faudra procéder ainsi, mais en prenant les plus minutieuses précautions.

—Pourquoi? demanda Michel.

—Pour deux raisons que tu vas comprendre répondit Barbicane. La première est relative à l'air renfermé dans le projectile, et dont il ne faut perdre que le moins possible.

—Mais puisque nous le refaisons, cet air!

—En partie seulement. Nous ne refaisons que l'oxygène, mon brave Michel,—et à ce propos veillons bien à ce que l'appareil ne fournisse pas cet oxygène en quantité immodérée, car cet excès amènerait en nous des troubles physiologiques très graves. Mais si nous refaisons l'oxygène, nous ne refaisons pas l'azote, ce véhicule que les poumons n'absorbent pas et qui doit demeurer intact. Or, cet azote s'échapperait rapidement par les hublots ouverts.

—Oh! le temps de jeter ce pauvre Satellite, dit Michel.

—D'accord, mais agissons rapidement.

—Et la seconde raison? demanda Michel.

—La seconde raison, c'est qu'il ne faut pas laisser le froid extérieur, qui est excessif, pénétrer dans le projectile, sous peine d'être gelés vivants.

—Cependant, le Soleil...