—Elle serait capable de faire bouillir par heure deux milliards neuf cents millions de myriamètres cubes d'eau.
—Et elle ne vous rôtit pas? s'écria Michel.
—Non, répondit Barbicane, parce que l'atmosphère terrestre absorbe les quatre dixièmes de la chaleur solaire. D'ailleurs, la quantité de chaleur interceptée par la Terre n'est qu'un deux-milliardièmes du rayonnement total.
—Je vois bien que tout est pour le mieux, répliqua Michel, et que cette atmosphère est une utile invention, car non seulement elle nous permet de respirer, mais encore elle nous empêche de cuire.
—Oui, dit Nicholl, et, malheureusement, il n'en sera pas de même dans la Lune.
—Bah! fit Michel, toujours confiant. S'il y a des habitants, ils respirent. S'il n'y en a plus, ils auront bien laissé assez d'oxygène pour trois personnes, ne fût-ce que dans le fond des ravins où sa pesanteur l'aura accumulé! Eh bien, nous ne grimperons pas sur les montagnes! Voilà tout.»
Et Michel, se levant, alla considérer le disque lunaire qui brillait d'un insoutenable éclat.
«Sapristi! dit-il, qu'il doit faire chaud là-dessus!
—Sans compter, répondit Nicholl, que le jour y dure trois cent soixante heures!
—Par compensation, dit Barbicane, les nuits y ont la même durée, et comme la chaleur est restituée par rayonnement, leur température ne doit être que celle des espaces planétaires.