—Que nous importe? répondit Hatteras.
—Hatteras, si c'est un cairn, il peut contenir un document précieux pour nous; il renferme peut-être un dépôt de provisions, et cela vaut la peine d'y regarder.
—Et quel Européen aurait poussé jusqu'ici? fit Hatteras en haussant les épaules.
—Mais à défaut d'Européens, répliqua le docteur, les Esquimaux n'ont-ils pu faire une cache en cet endroit, et y déposer les produits de leur pêche ou de leur chasse? c'est assez leur habitude, ce me semble,
—Eh bien! voyez, Clawbonny, répondit Hatteras; mais je crains bien que vous n'en soyez pour vos peines.»
Clawbonny et Bell, armés de pioches, se dirigèrent vers le cairn. Duk continuait d'aboyer avec fureur. Les pierres à chaux étaient fortement cimentées par la glace; mais quelques coups ne tardèrent pas à les éparpiller sur le sol.
«Il y a évidemment quelque chose, dit le docteur.
—Je le crois,» répondit Bell.
Ils démolirent le cairn avec rapidité. Bientôt une cachette fut découverte; dans cette cachette se trouvait un papier tout humide. Le docteur s'en empara, le coeur palpitant. Hatteras accourut, prit le document et lut:
«Altam…, Porpoise, 13 déc… 1860, 12..° long… «8..°35' lat…»