Hatteras voulut savoir de l'Américain pourquoi le Porpoise se trouvait engagé sous une latitude aussi élevée.
Altamont fit comprendre qu'il avait été entraîné par les glaces sans pouvoir leur résister.
Hatteras, anxieux, l'interrogea sur le but de son voyage.
Altamont prétendit avoir tenté de franchir le passage du nord-ouest.
Hatteras n'insista pas davantage, et ne posa plus aucune question de ce genre.
Le docteur prit alors la parole:
«Maintenant, dit-il, tous nos efforts doivent tendre à retrouver le Porpoise; au lieu de nous aventurer vers la mer de Baffin, nous pouvons gagner par une route moins longue d'un tiers un navire qui nous offrira toutes les ressources nécessaires à un hivernage.
—Il n'y a pas d'autre parti à prendre, répondit Bell.
—J'ajouterai, dit le maître d'équipage, que nous ne devons pas perdre un instant; il faut calculer la durée de notre voyage sur la durée de nos provisions, contrairement à ce qui se fait généralement, et nous mettre en route au plus tôt.
—Vous avez raison, Johnson, répondit le docteur; en partant demain, mardi 26 février, nous devons arriver le 15 mars au Porpoise, sous peine de mourir de faim. Qu'en pensez-vous, Hatteras?