—Oui, monsieur Clawbonny. il compte sur un repas de chair humaine! il sait que nous ne pouvons pas lui échapper!
—Johnson! fit le docteur, ému de l'accent désespéré de son compagnon.
—Sa nourriture est assurée, à lui! répliqua le malheureux, que le délire prenait; il doit être affamé, et je ne sais pas pourquoi nous le faisons attendre!
—Johnson, calmez-vous!
—Non, monsieur Clawbonny; puisque nous devons y passer, pourquoi prolonger les souffrances de cet animal? Il a faim comme nous; il n'a pas de phoque à dévorer! Le Ciel lui envoie des hommes! eh bien, tant mieux pour lui!»
Le vieux Johnson devenait fou; il voulait quitter la maison de glace. Le docteur eut beaucoup de peine à le contenir, et, s'il y parvint, ce fut moins par la force que parce qu'il prononça les paroles suivantes avec un accent de profonde conviction:
«Demain, dit-il, je tuerai cet ours!
—Demain! fit Johnson, qui semblait sortir d'un mauvais rêve.
—Demain!
—Vous n'avez pas de balle!