—Ou ils nous croient étouffés! reprit l'Américain, que la colère gagnait très sérieusement.
—Nous allons être attaqués, fit Bell.
—Eh bien! répondit Hatteras, nous lutterons corps à corps.
—Mille diables! s'écria Altamont, j'aime mieux cela! j'en ai assez pour mon compte de ces ennemis invisibles! on se verra et on se battra!
—Oui, répondit Johnson, mais pas à coups de fusil; c'est impossible dans un espace aussi étroit.
—Soit! à la hache! au couteau!»
Le bruit augmentait; on entendait distinctement l'éraillure des griffes; les ours avaient attaqué la muraille à l'angle même où elle rejoignait le talus de neige adossé au rocher.
«L'animal qui creuse, dit Johnson, n'est pas maintenant à six pieds de nous.
—Vous avez raison, Johnson, répondit l'Américain; mais nous avons le temps de nous préparer à le recevoir!»
L'Américain prit sa hache d'une main, son couteau de l'autre; arc-bouté sur son pied droit, le corps rejeté en arrière, il se tint en posture d'attaque. Hatteras et Bell l'imitèrent. Johnson prépara son fusil pour le cas où l'usage d'une arme à feu serait nécessaire.