—Duk,» fit Garry en reproduisant ce sifflement qui avait tant surpris l'équipage.

Le chien, à l'appel de son vrai nom, sauta d'un bond sur la dunette, et vint se coucher tranquillement aux pieds de son maître.

L'équipage ne disait mot. Cette clef que devait posséder seul le capitaine du Forward, ce chien envoyé par lui et qui venait pour ainsi dire constater son identité, cet accent de commandement auquel il était impossible de se méprendre, tout cela agit fortement sur l'esprit des matelots, et suffit à établir l'autorité de Garry.

D'ailleurs, Garry n'était plus reconnaissable; il avait abattu les larges favoris qui encadraient son visage, et sa figure ressortait plus impassible encore, plus énergique, plus impérieuse; revêtu des habits de son rang déposés dans sa cabine, il apparaissait avec les insignes du commandement.

Aussi, avec cette mobilité naturelle, l'équipage du Forward, emporté malgré lui-même, s'écria d'une seule voix:

«Hurrah! hurrah! hurrah pour le capitaine!

«Shandon, dit celui-ci à son second, faites ranger l'équipage; je vais le passer en revue.»

Shandon obéit, et donna ses ordres d'une voix altérée. Le capitaine s'avança au-devant de ses officiers et de ses matelots, disant à chacun ce qu'il convenait de lui dire, et le traitant selon sa conduite passée.

Quand il eut fini son inspection, il remonta sur la dunette, et d'une voix calme, il prononça les paroles suivantes:

«Officiers et matelots, je suis un Anglais, comme vous, et ma devise est celle de l'amiral Nelson: