—Tant que cela, fit Joe, en s'affalant jusqu'à terre par la corde de l'ancre.

—A quoi servent tes regrets, mon cher Dick ? répondit le docteur Fergusson. Est-ce que nous sommes des trafiquants d'ivoire ? Sommes-nous venus ici pour faire fortune ? »

Joe visita l'ancre ; elle était solidement retenue à la défense demeurée intacte. Samuel et Dick sautèrent sur le sol, tandis que l'aérostat à demi dégonflé se balançait au-dessus du corps de l'animal.

La magnifique bête ! s'écria Kennedy. Quelle masse ! Je n'ai jamais vu dans l'Inde un éléphant de cette taille !

—Cela n'a rien d'étonnant, mon cher Dick ; les éléphants du centre de L'Afrique sont les plus beaux. Les Anderson, les Cumming les ont tellement chassés aux environs du Cap, qu'ils émigrent vers l'équateur, où nous les rencontrerons souvent en troupes nombreuses.

—En attendant, répondit Joe, j'espère que nous goûterons un peu de celui-là ! Je m'engage à vous procurer un repas succulent aux dépens de cet animal. M. Kennedy va chasser pendant une heure ou deux, M. Samuel va passer l'inspection du Victoria , et, pendant ce temps, je vais faire la cuisine.

—Voilà qui est bien ordonné, répondit le docteur. Fais à ta guise.

—Pour moi, dit le chasseur, Je vais prendre le deux heures de liberté que Joe a daigné m'octroyer.

—Va, mon ami ; mais pas d'imprudence. Ne t'éloigne pas.

—Sois tranquille. »