—C'est possible, Joe ; mais il faut reléguer cela au rang des fables, tout comme les têtes de chiens que le voyageur Brun-Rollet attribuait à certaines peuplades.
—Des têtes de chiens ? Commode pour aboyer et même pour être anthropophage !
—Ce qui est malheureusement avéré, c'est la férocité de ces peuples, très avides de la chair humaine qu'ils recherchent avec passion.
—Je demande, dit Joe, qu'ils ne se passionnent pas trop pour mon individu.
—Voyez-vous cela ! dit le chasseur.
—C'est ainsi, Monsieur Dick. Si jamais je dois être mangé dans un moment de disette, je veux que ce soit à votre profit et à celui de mon maître ! Mais nourrir ces moricauds, fi donc ! j'en mourrais de honte !
—Eh bien ! mon brave Joe, fit Kennedy, voilà qui est entendu, nous comptons sur toi à l'occasion.
—A votre service, Messieurs.
—Joe parle de la sorte, répliqua le docteur, pour que nous prenions soin de lui, en l'engraissant bien.
—Peut-être ! répondit Joe ; l'homme est un animal si égoïste ! »