Et, ce disant, il lança une bouteille, qui ne manqua pas de se briser en mille pièces, tandis que les indigènes se précipitaient dans leurs hutte rondes, en poussant de grands cris.

Un peu plus loin, Kennedy s'écria :

« Regardez donc cet arbre singulier ! il est d'une espèce par en haut, et d'une autre par en bas.

—Bon ! fit Joe ; voilà un pays où les arbres poussent les uns sur les autres.

—C'est tout simplement un tronc de figuier, répondit le docteur, sur lequel il s'est répandu un peu de terre végétale. Le vent un beau jour y a jeté une graine de palmier, et le palmier a poussé comme en plein champ.

—Une fameuse mode, dit Joe, et que j'importerai en Angleterre ; cela fera bien dans les parcs de Londres ; sans compter que ce serait un moyen de multiplier les arbres à fruit ; on aurait des jardins en hauteur ; voilà qui sera goûté de tous les petits propriétaires. »

En ce moment, il fallut élever le Victoria pour franchir une forêt d'arbres hauts de plus de trois cents pieds, sortes de banians séculaires.

« Voilà de magnifiques arbres, s'écria Kennedy ; je ne connais rien de beau comme l'aspect de ces vénérables forêts. Vois donc, Samuel.

—La hauteur de ces banians est vraiment merveilleuse, mon cher Dick ; et cependant elle n'aurait rien d'étonnant dans les forêts du Nouveau-Monde.

—Comment ! il existe des arbres plus élevés ?