—Mais alors tu iras
—Où voudra la Providence ; mais cependant de l'est à l'ouest.
—Pourquoi cela ?
—Parce que je compte me servir des vents alizés, dont la direction est constante.
—Oh ! vraiment ! fit Kennedy en réfléchissant : les vents alizés.... certainement... on peut à la rigueur... il y a quelque chose...
—S'il y a quelque chose ! non, mon brave ami, il y a tout. Le gouvernement anglais a mis un transport à ma disposition ; il a été convenu également que trois ou quatre navires iraient croiser sur la côte occidentale vers l'époque présumée de mon arrivée. Dans trois mois au plus, je serai à Zanzibar, où j'opérerai le gonflement de mon ballon, et de là nous nous élancerons
—Nous ! fit Dick.
—Aurais-tu encore l'apparence d'une objection à me faire ? Parle, ami Kennedy.
—Une objection ! j'en aurais mille ; mais, entre autres, dis-moi : si tu comptes voir le pays, si tu comptes monter et descendre à ta volonté, tu ne le pourras faire sans perdre ton gaz ; il n'y a pas eu jusqu'ici d'autres moyens de procéder, et c'est ce qui a toujours empêché les longues pérégrinations dans l'atmosphère.
—Mon cher Dick, je ne te dirai qu'une seule chose : je ne perdrai pas un atome de gaz, pas une molécule.