« En avant ! s'écria-t-il.

—Non, Monsieur Dick, non, vous ne l'avez pas tuée du coup ; son corps eut roulé jusqu'ici ; elle est là prête à bondir sur le premier d'entre nous qui paraîtra, et celui-là est perdu !

—Mais que faire ? Il faut sortir ! Et Samuel qui nous attend !

—Attirons l'animal ; prenez mon fusil, et passez-moi votre carabine

—Quel est ton projet ?

—Vous allez voir. »

Joe, retirant sa veste de toile, la disposa au bout de l'arme et la présenta comme appât au-dessus de l'ouverture. La bête furieuse se précipita dessus ; Kennedy l'attendait au passage, et d'une balle il lui fracassa l'épaule. La lionne rugissante roula sur l'escalier, renversant Joe. Celui-ci croyait déjà sentir les énormes pattes de l'animal s'abattre sur lui, quand une seconde détonation retentit, et le docteur Fergusson apparut à l'ouverture, son fusil à la main et fumant encore.

Joe se releva prestement, franchit le corps de la bête, et passa à son maître la bouteille pleine d'eau.

La porter à ses lèvres, la vider à demi fut pour Fergusson l'affaire d'un instant, et les trois voyageurs remercièrent du fond du cœur la Providence qui les avait si miraculeusement sauvés.

CHAPITRE XXVIII