« Voilà pour ceux qui viendront après nous, dit-il ; ils seront bien étonnés de trouver la fortune en pareil lieu.
—Eh ! fit Kennedy, si quelque savant voyageur vient à rencontrer ces échantillons ?...
—Ne doute pas, mon cher Dick, qu'il n'en soit fort surpris et qu'il ne publie sa surprise en nombreux in-folios ! Nous entendrons parler quelque jour d'un merveilleux gisement de quartz aurifère au milieu des sables de l'Afrique.
—Et c'est Joe qui en sera la cause. »
L'idée de mystifier peut-être quelque savant consola le brave garçon et le fit sourire.
Pendant le reste de la journée, le docteur attendit vainement un changement dans l'atmosphère. La température s'éleva et, sans les ombrages de l'oasis, elle eut été insoutenable. Le thermomètre marqua au soleil cent quarante-neuf degrés [69° centigrades]. Une véritable pluie de feu traversait l'air. Ce fut la plus haute chaleur qui eut encore été observée.
Joe disposa comme la veille le bivouac du soir, et, pendant les quarts du docteur et de Kennedy, il ne se produisit aucun incident nouveau.
Mais, vers trois heures du matin, Joe veillant, la température s'abaissa subitement, le ciel se couvrit de nuages, et l'obscurité augmenta.
« Alerte ! s'écria Joe en réveillant ses deux compagnons ! alerte ! voici le vent.
—Enfin ! dit le docteur en considérant le ciel, c'est une tempête ! Au Victoria ! au Victoria ! »