Kennedy en fit l'observation.

Peu importe, répondit le docteur ; l'important est de revenir au sud ; nous rencontrerons les villes de Bornou, Wouddie ou Kouka, et je n'hésiterai pas à m'y arrêter.

—Si tu es satisfait, je le suis, répondit le chasseur ; mais fasse le ciel que nous ne soyons pas réduits à traverser le désert comme ces malheureux Arabes ! Ce que nous avons vu est horrible.

—Et se reproduit fréquemment ? Dick. Les traversées du désert sont autrement dangereuses que celles de l'Océan ; le désert a tous les périls de la mer, même l'engloutissement, et de plus, des fatigues et des privations insoutenables.

—Il me semble, dit Kennedy, que le vent tend à se calmer ; la poussière des sables est moins compacte, leurs ondulations diminuent, l'horizon s'éclaircit

—Tant mieux, il faut l'examiner attentivement avec la lunette, et que pas un point n'échappe à notre vue !

—Je m'en charge, Samuel, et le premier arbre n'apparaîtra pas sans que tu n'en sois prévenu. »

Et Kennedy, la lunette à la main, se plaça sur le devant de la nacelle.

CHAPITRE XXXV

L'histoire de Joe.—L'île des Biddiomahs.—L'adoration.—L'île engloutie.—Les rives du lac.—L'arbre aux serpents.—Voyage à pied.—Souffrances.—Moustiques et fourmis.—La faim.—Passage du Victoria.—Disparition du Victoria.—Désespoir.—Le marais.—Un dernier cri.