—En tout cas, je ne le perdrai pas de vue ; il y a là quelque chose d'extraordinaire qui m'intrigue ; on dirait parfois comme une manœuvre de cavalerie. Eh ! je ne me trompe pas ! ce sont bien des cavaliers ! regarde ! »

Le docteur observa avec attention le groupe indiqué.

« Je crois que tu as raison, dit-il, c'est un détachement d'Arabes ou de Tibbous ; ils s'enfuient dans la même direction que nous ; mais nous avons plus de vitesse et nous les gagnons facilement. Dans une demi-heure, nous serons à portée de voir et de juger ce qu'il faudra faire. »

Kennedy avait repris sa lunette et lorgnait attentivement. La masse des cavaliers se faisait plus visible ; quelques-uns d'entre eux s'isolaient.

« C'est évidemment, reprit Kennedy, une manœuvre ou une chasse.

—On dirait que ces gens-là poursuivent quelque chose. Je voudrais bien savoir ce qui en est.

—Patience, Dick. Dans peu de temps nous les rattraperons et nous les dépasserons même, s'ils continuent de suivre cette route ; nous marchons avec une rapidité de vingt milles à l'heure, et il n'y a pas de chevaux qui puissent soutenir un pareil train. »

Kennedy reprit son observation, et, quelques minutes après, il dit :

« Ce sont des Arabes lancés à toute vitesse. Je les distingue parfaitement. Ils sont une cinquantaine. Je vois leurs burnous qui se gonflent contre le vent. C'est un exercice de cavalerie ; leur chef les précède à cent pas, et ils se précipitent sur ses traces.

—Quels qu'ils soient, Dick, ils ne sont pas à redouter, et, si cela est nécessaire, je m'élèverai.