—Grand Dieu ! fit Kennedy.
—Qu'y-a-t-il ? »
Kennedy avait poussé un cri de désespoir en voyant Joe précipité à terre. Son cheval, évidemment rendu, épuisé, venait de s'abattre.
« Il nous a vus, s'écria le docteur ; en se relevant il nous a fait signe !
—Mais les Arabes vont l'atteindre ! qu'attend-il ! Ah ! le courageux garçon ! Hourra ! » fit le chasseur qui ne se contenait plus.
Joe, immédiatement relevé après sa chute, à l'instant où l'un des plus rapides cavaliers se précipitait sur lui, bondissait comme une panthère, l'évitait par un écart, se jetait en croupe, saisissait l'Arabe à la gorge, de ses mains nerveuses, de ses doigts de fer, il l'étranglait, le renversait sur le sable, et continuait sa course effrayante.
Un immense cri des Arabes s'éleva dans l'air ; mais, tout entiers à leur poursuite, ils n'avaient pas vu le Victoria à cinq cents pas derrière eux, et à trente pieds du sol à peine ; eux-mêmes, ils n'étaient pas à vingt longueurs de cheval du fugitif.
L'un d'eux se rapprocha sensiblement de Joe, et il allait le percer de sa lance, quand Kennedy, l'œil fixe, la main ferme, l'arrêta net d'une balle et le précipita à terre.
Joe ne se retourna pas même au bruit. Une partie de la troupe suspendit sa course, et tomba la face dans la poussière à la vue du Victoria ; l'autre continua sa poursuite.
« Mais que fait Joe ? s'écria Kennedy, il ne s'arrête pas !