CHAPITRE XXXVII

La route de l'ouest.—Le réveil de Joe.—Son entêtement.—Fin de l'histoire de Joe.—Tagelel.—Inquiétudes de Kennedy.—Route au nord.—Une nuit prés d'Agbadès.

Le vent pendant la nuit se reposa de ses violences du jour, et le Victoria demeura paisiblement au sommet d'un grand sycomore ; le docteur et Kennedy veillèrent à tour de rôle, et Joe en profita pour dormir vigoureusement et tout d'un somme pendant vingt-quatre heures.

Voilà le remède qu'il lui faut, dit Fergusson ; la nature se chargera de sa guérison. »

Au jour, le vent revint assez fort, mais capricieux ; il se jetait brusquement dans le nord et le sud, mais en dernier lieu, le Victoria fut entraîné vers l'ouest.

Le docteur, la carte à la main, reconnut le royaume du Damerghou, terrain onduleux d'une grande fertilité, avec les huttes de ses villages faites de longs roseaux entremêlés des branchages de l'asclepia ; les meules de grains s'élevaient, dans les champs cultivés, sur de petits échafaudages destinés à les préserver de l'invasion des souris et des termites.

Bientôt on atteignit la ville de Zinder, reconnaissable à sa vaste place des exécutions ; au centre se dresse l'arbre de mort ; le bourreau veille au pied, et quiconque passe sous son ombre est immédiatement pendu !

En consultant la boussole, Kennedy ne put s'empêcher de dire :

« Voilà que nous reprenons encore la route du nord !

—Qu'importe ? Si elle nous mène à Tombouctou, nous ne nous en plaindrons pas ! Jamais plus beau voyage n'aura été accompli en de meilleures circonstances !...