« Mes amis, s'écria le docteur debout entre ses deux compagnons et ôtant son chapeau, donnons à notre navire aérien un nom qui lui porte bonheur ! qu'il soit baptisé le Victoria ! »
Un hourra formidable retentit :
«Vive la reine ! Vive l'Angleterre !»
En ce moment, la force ascensionnelle de l'aérostat s'accroissait prodigieusement. Fergusson, Kennedy et Joe lancèrent un dernier adieu à leur amis.
« Lâchez tout ! s'écria le docteur. »
Et le Victoria s'éleva rapidement dans les airs, tandis que les quatre caronades du Resolute tonnaient en son honneur.
CHAPITRE XII
Traversée du détroit.—Le Mrima.—Propos de Dick et proposition de Joe.— Recette pour le café.—L'Uzaramo.—L'infortuné Maizan.—Le mont Duthumi.—Les cartes du docteur—Nuit sur un nopal.
L'air était pur, le vent modéré ; le Victoria monta presque perpendiculairement à une hauteur de 1,500 pieds, qui fut indiquée par une dépression de 2 pouces moins 2 lignes [Environ cinq centimètres. La dépression est à peu prés d'un centimètre par cent mètres d'élévation] dans la colonne barométrique.
A cette élévation, un courant plus marqué porta le ballon vers le sudouest. Quel magnifique spectacle se déroulait aux yeux des voyageurs !