Telles avaient été les réflexions naturelles de la foule. De là le revirement.

Joe ne put retenir un immense éclat de rire. La population de Kazeh, comprenant que sa proie lui échappait, poussa des hurlements prolongés ; des arcs, des mousquets furent dirigés vers le ballon.

Mais un des sorciers fit un signe. Les armes s'abaissèrent ; il grimpa dans l'arbre, avec l'intention de saisir la corde de l'ancre, et d'amener la machine à terre.

Joe s'élança une hachette à la main.

« Faut-il couper ? dit-il.

—Attends, répondit le docteur.

—Mais ce nègre !...

—Nous pourrons peut-être sauver notre ancre, et j'y tiens. Il sera toujours temps de couper. »

Le sorcier, arrivé dans l'arbre, fit si bien qu'en rompant les branches il parvint à décrocher l'ancre ; celle-ci, violemment attirée par l'aérostat, attrapa le sorcier entre les jambes, et celui-ci, à cheval sur cet hippogriffe inattendu, partit pour les régions de l'air.

La stupeur de la foule fut immense de voir l'un de ses Waganga s'élancer dans l'espace.