—Vous avez raison, Monsieur, dit Joe la chaleur est devenue étouffante, le vent est complètement qu'il se prépare quelque chose.
—L'atmosphère est surchargée d'électricité, répondit le docteur ; tout être vivant est sensible à cet état de l'air qui précède la lutte des éléments, et j'avoue que je n'en fus jamais imprégné à ce point.
—Eh bien ! demanda le chasseur, ne serait-ce pas le cas de descendre ?
—Au contraire, Dick, j'aimerais mieux monter. Je crains seulement d'être entraîné au delà de ma route pendant ces croisements de courants atmosphériques .
—Veux-tu donc abandonner la direction que nous suivons depuis la côte.
—Si cela m'est possible, répondit Fergusson, je me porterai plus directement au nord pendant sept à huit degrés ; j'essayerai de remonter vers des latitudes présumées des sources du Nil ; peut-être apercevrons-nous quelques traces de l'expédition du capitaine Speke, ou même la caravane de M. de Heuglin. Si mes calculs sont exacts, nous nous trouvons par 32° 40' de longitude, et je voudrais monter droit au delà de l'équateur.
—Vois donc ! s'écria Kennedy en interrompant son compagnon, vois donc ces hippopotames qui se glissent hors des étangs, ces masses de chair sanguinolente, et ces crocodiles qui aspirent bruyamment l'air !
—Ils étouffent ! fit Joe. Ah ! quelle manière charmante de voyager, et comme on méprise toute cette malfaisante vermine ! Monsieur Samuel ! monsieur Kennedy ! voyez donc ces bandes d'animaux qui marchent en rangs pressés ! Ils sont bien deux cents ; ce sont des loups.
—Non, Joe, mais des chiens sauvages ; une fameuse race, qui ne craint pas de s'attaquer aux lions. C'est la plus terrible rencontre que puisse faire un voyageur. Il est immédiatement mis en pièces.
—Bon ! ce ne sera pas Joe qui se chargera de leur mettre une muselière, répondit l'aimable garçon. Après ca, si c'est leur naturel, il ne faut pas trop leur en vouloir. » ;