La Confédération germanique s'engagea pour trente-quatre mille deux cent quatre-vingt-cinq florins[60]; on ne pouvait rien lui demander de plus; d'ailleurs elle n'eût pas donné davantage.
Quoique très-gênée, l'Italie trouva deux cent mille livres dans les poches de ses enfants, mais en les retournant bien. Si elle avait eu la Vénétie, elle aurait fait mieux; mais enfin elle n'avait pas la Vénétie.
Les États de l'Église ne crurent pas devoir envoyer moins de sept mille quarante écus romains[61], et le Portugal poussa son dévouement à la science jusqu'à trente mille cruzades[62].
Les souscriptions furent ouvertes ([p. 69]).
Quant au Mexique, ce fut le denier de la veuve, quatre-vingt-six piastres fortes[63]; mais les empires qui se fondent sont toujours un peu gênés.
Deux cent cinquante-sept francs, tel fut l'apport modeste de la Suisse dans l'œuvre américaine. Il faut le dire franchement, la Suisse ne voyait point le côté pratique de l'opération; il ne lui semblait pas que l'action d'envoyer un boulet dans la Lune fût de nature à établir des relations d'affaires avec l'astre des nuits, et il lui paraissait peu prudent d'engager ses capitaux dans une entreprise aussi aléatoire. Après tout, la Suisse avait peut-être raison.
L'usine de Goldspring, près New-York ([p. 74]).
Quant à l'Espagne, il lui fut impossible de réunir plus de cent dix réaux[64]. Elle donna pour prétexte qu'elle avait ses chemins de fer à terminer. La vérité est que la science n'est pas très-bien vue dans ce pays-là. Il est encore un peu arriéré. Et puis certains Espagnols, non des moins instruits, ne se rendaient pas un compte exact de la masse du projectile comparée à celle de la Lune; ils craignaient qu'il ne vînt à déranger son orbite, à la troubler dans son rôle de satellite et à provoquer sa chute à la surface du globe terrestre. Dans ce cas-là, il valait mieux s'abstenir. Ce qu'ils firent, à quelques réaux près.