—Ami Sélim, rien n'est plus simple! répondit Kéraban, en éludant la première question, qui ne laissait pas de l'embarrasser. Qui vous empêche de venir avec Amasia à Scutari? Cela vous coûtera dix paras par tête, il est vrai, pour franchir leur Bosphore, mais votre honneur n'est pas engagé comme le mien dans l'affaire!

—Oui! oui! Venez à Scutari, dans un mois! s'écria Ahmet. Vous nous attendrez là, ma chère Amasia, et nous ferons en sorte de ne pas trop vous faire attendre!

—Soit! Rendez-vous à Scutari! répondit Sélim. C'est là que nous célébrerons le mariage!—Mais enfin, ami Kéraban, le mariage fait, ne reviendrez vous pas à Constantinople?

—J'y reviendrai, s'écria Kéraban, certes, j'y reviendrai!

—Et comment?

—Eh bien, ou cet impôt vexatoire sera aboli, et je passerai le
Bosphore … sans payer….

—Et s'il ne l'est pas?

—S'il ne l'est pas?… répondit le seigneur Kéraban avec un geste superbe. Par Allah! je reprendrai le même chemin, et je referai le tour de la mer Noire!»

XI

DANS LEQUEL IL SE MÊLE UN PEU DE DRAME A CETTE FANTAISISTE HISTOIRE DE VOYAGE.