«En vérité, ces étrangers se croient tout permis!…
—Même de fumer avant le coucher du soleil!
—Veux-tu du feu? ajouta l'un.
—Volontiers!» répondit l'autre, en allumant une autre cigarette.
II
OU L'INTENDANT SCARPANTE ET LE CAPITAINE YARHUD S'ENTRETIENNENT DE PROJETS QU'IL EST BON DE CONNAITRE.
Au moment où Van Mitten et Bruno suivaient le quai de Top-Hané, du côté de ce premier pont de bateaux de la Validèh-Sultane, qui met Galata en communication avec l'antique Stamboul à travers la Corne-d'Or, un Turc tournait rapidement le coin de la mosquée de Mahmoud et s'arrêtait sur la place.
Il était six heures alors. Pour la quatrième fois de la journée, les muezzins venaient de monter au balcon de ces minarets, dont le nombre n'est jamais inférieur à quatre pour les mosquées de fondation impériale. Leur voix avait lentement retenti au-dessus de la ville, appelant les fidèles à la prière, et lançant dans l'espace cette formule consacrée: «La Ilah il Allah vé Mohammed reçoul Allah!» (Il n'y a de Dieu que Dieu, et Mahomet est le prophète de Dieu!)
Le Turc se retourna un instant, regarda les rares passants de la place, s'avança dans l'axe des diverses rues qui y aboutissent, cherchant à voir, non sans quelques symptômes d'impatience, s'il ne venait pas une personne qu'il attendait.
«Ce Yarhud n'arrivera donc pas! murmurat-il. Il sait pourtant qu'il doit être ici à l'heure convenue!»