—Autant dire mon fils, Van Mitten, puisque je n'ai pas d'enfant. Vous savez, les affaires!… les affaires!… Je n'ai jamais trouvé cinq minutes pour me marier!
—Une minute suffit! répondit gravement Van Mitten, et souvent même … une minute, c'est trop!
—Vous rencontrerez donc Ahmet à Odessa! reprit Kéraban. Un charmant garçon!… Il déteste les affaires, par exemple, un peu artiste, un peu poète, mais charmant … charmant!… Il ne ressemble point à son oncle et lui obéit sans broncher.
—Ami Kéraban….
—Oui!… oui!… je m'entends!… C'est pour son mariage que nous irons à Odessa.
—Son mariage?…
—Sans doute! Ahmet épouse une jolie personne…la jeune Amasia… la fille de mon banquier Sélim, un vrai Turc, comme moi! Nous aurons des fêtes! Ce sera superbe! Vous en serez!
—Mais… j'aurais préféré… dit Van Mitten, qui voulut encore soulever une dernière objection.
—C'est convenu! répondit Kéraban. Vous n'avez pas la prétention de me résister, n'est-ce pas?
—Je le voudrais… répondit Van Mitten.